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Genevois français : un diagnostic foncier qui éclaire l’avenir agricole du territoire

Retour à la liste 16 / 01 / 2026

Entre pression foncière, urbanisation galopante, morcellement extrême des parcelles et nouveaux usages non agricoles, le Genevois français fait face à des défis majeurs pour préserver son agriculture. Pour accompagner ces phénomènes, le Pôle métropolitain et la Safer Auvergne-Rhône-Alpes ont conduit une étude foncière approfondie. Résultat : des données inédites, parfois saisissantes, qui éclairent les enjeux de demain et ouvrent des pistes d’action locales.

En effet, si Le Genevois français compte 61 396 hectares agricoles, soit 45 % de son territoire, le foncier agricole recule chaque année. Chaque année, 224 hectares de foncier agricole disparaissent, l’équivalent de quatre exploitations. Cette contraction s’explique par l’urbanisation, par l’évolution des usages, mais aussi par un morcellement important de la propriété. Le diagnostic montre ainsi que 67 % des parcelles sont d’une superficie inférieure à de 2 500 m², que plus d’un propriétaire sur deux détient moins d’un quart d’hectare et qu’à l’inverse 2 315 propriétaires concentrent 47 % de la surface agricole. Cette dispersion limite malheureusement la capacité d’agir des collectivités.

L’étude révèle trois formes de pressions qui s’additionnent et fragilisent les exploitations. L’urbanisation d’abord, qui entraîne chaque année la perte de 109 hectares de terres agricoles au profit de nouvelles constructions. La consommation masquée ensuite. Un phénomène encore méconnu, mais dont l’impact dépasse aujourd’hui celui de l’urbanisation. Chaque année, 115 hectares sont achetés pour des usages de loisir, 71 hectares pour accompagner des acquisitions résidentielles et 44 hectares pour de simples agréments, soit 230 hectares sortant du périmètre agricole. Enfin, la précarité de la SAU dans les zones urbaines ou à urbaniser renforce encore la pression. Ce sont 1 242 hectares cultivés dans ces zones, impliquant 475 exploitations soumises à une incertitude permanente quant à l’avenir de leurs terres.

Le diagnostic met également en lumière l’existence de 535 hectares de foncier agricole potentiellement vacants, répartis sur 2 700 parcelles et liés à 1 610 propriétaires non identifiés.

Ce gisement foncier méconnu représente une opportunité stratégique pour les communes, qui peuvent, grâce aux procédures simplifiées d’incorporation, se réapproprier des terrains délaissés depuis des décennies et les consacrer à des projets agricoles ou environnementaux.

L’étude propose une méthodologie structurée autour de trois axes.

  • Le premier consiste à mieux connaître et anticiper les évolutions foncières, grâce à une veille active, à un suivi attentif des mutations et à l’identification des parcelles stratégiques.
  • Le deuxième vise à protéger durablement les terres agricoles, en maîtrisant l’extension des zones urbaines, en recourant aux outils de protection comme les PAEN ou les servitudes, et en corrigeant le cadastre lorsque la réalité des usages évolue.
  • Le troisième encourage la mobilisation et la dynamisation du foncier via la médiation, la contractualisation et l’association des agriculteurs aux projets d’aménagement.

L’étude a surtout été l’occasion de renforcer une collaboration déjà bien engagée entre la Safer Auvergne-Rhône-Alpes et le Pôle métropolitain. Les deux structures ont travaillé conjointement pour coordonner les diagnostics locaux, harmoniser les données et accompagner chaque intercommunalité selon ses besoins.

  • La Safer a apporté son expertise technique, notamment en matière de connaissance du marché foncier, de veille, de médiation et d’identification des pressions.
  • Le Pôle métropolitain, de son côté, a joué un rôle structurant en fédérant les collectivités, en facilitant les échanges entre élus et techniciens et en donnant une cohérence d’ensemble à une démarche qui, sans cela, serait restée éclatée.

Une mise à jour du diagnostic est prévue dans cinq ans, et une journée dédiée au foncier agricole sera organisée en 2026 afin de sensibiliser les nouveaux élus. Ce travail marque une étape décisive : il permet au Genevois français de mieux connaître son foncier, de comprendre les pressions qui s’exercent et, surtout, d’agir collectivement pour préserver une agriculture essentielle à l’équilibre du territoire.

Si vous souhaitez un éclairage sur votre territoire, nos conseillers collectivités sont à votre disposition : contactez nos équipes.

Pour en savoir plus sur les actions menées par le Pôle métropolitain du Genevois français : Accueil - Genevois français